« Et pourtant Ton vantait la fermeté de votre politique ; mais l’éloge était peu mérité. Nous savons que le Mède est arrivé des extrémités de la terre jusqu’au Péloponèse, avant de rencontrer de votre part une résistance sérieuse; et aujourd’hui vous fermez les yeux sur les entreprises des Athéniens, qui ne sont pas éloignés comme lui, mais qui sont à nos portes. Au lieu de prévenir leurs attaques, vous préférez les attendre et courir les chances de la lutte contre un ennemi devenu plus puissant. Vous n’ignorez pas cependant que le Barbare n’a dû qu’à lui-même la majeure partie de ses revers, et que, si nous avons jusqu’ici résisté aux coups des Athéniens, c’est grâce à leurs propres fautes bien plus qu’à votre appui ; car les espérances placées en vous ont déjà perdu bien des gens, qui, par excès de confiance, ont été pris au dépourvu.
« D’ailleurs nous pensons avoir, plus que personne, le droit d’infliger le blâme à autrui, éar de graves intérêts sont engagés de notre côté, sans que vous paraissiez vous en faire une juste idée. Vous n’avez pas réfléchi non plus au caractère de ces Athéniens que vous allez avoir à combattre, caractère qui contraste si complètement avec le vôtre.