«Quant aux dispositions qu’ils nous ont empruntées, ellesnous sont familières, et aucune d’elles ne nous prendra au dépourvu. Eux au contraire, ils ont, en dehors de leurs habitudes, placé sur les ponts une foule d’hoplites et de gens de trait, Àcarna-niens ou autres, espèce de marins de terre ferme, qui, une fois à bord , ne sauront comment s’y prendre pour lancer un javelot en restant immobiles. Est-il à croire que ces gens ne troublent pas la manœuvre, ou ne s’embarrassent pas dans des mouvements nouveaux pour eux? D’ailleurs , que ceux d’entre vous qui pourraient appréhender leur supériorité' numérique le sachent bien, cette multitude de navires ne leur sera d’aucun secours; des vaisseaux nombreux, dans un espace étroit, seront moins agiles et plus vulnérables.
« Mais apprenez un fait des plus certains : succombant aux maux qui les accablent, les Athéniens sont en proie au plus sombre découragement. Ils ne se fient guère à leurs préparatifs ; ils veulent tenter la fortune, forcer, s’il se peut, le passage et partir par mer: sinon, effectuer leur retraite par terre, parce que dans aucun cas leur position ne saurait être plus fâcheuse qu’elle ne l’est actuellement.
« En présence d’une désorganisation si complète et d’une fortune qui livre en nos mains nos implacables ennemis, fondons sur eux avec furie. Rien n’est plus légitime que de punir d’injustes agresseurs, et, comme on dit, rien n'est plus doux i. savourer que la vengeance.