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« Syracusains et alliés, vos actions précédentes ont été glorieuses, et la lutte qui se prépare ne le sera pas moins.
Vous le comprenez vous-mêmes, à en juger par votre zèle. Cependant, si quelqu’un de vous conserve encore des craintes, nous allons les dissiper.
« Ces Athéniens, venus dans nos parages pour asservir la Sicile et, en cas de succès, le Péloponèse et la Grèce entière; ces Athéniens, maîtres déjà du plus vaste empire que jamais Grecs aient possédé ou possèdent aujourd’hui, vous êtes les premiers qui les ayez vaincus sur l’élément où ils s’estimaient invincibles, et vous les vaincrez encore aujourd’hui. L’homme qui a été frappé sur le terrain où il se croyait maître perd la haute opinion qu'il avait de lui-même ; et, l’orgueil une fois humilié, le découragement achève de paralyser les forces. Telle doit être aujourd’hui la situation des Athéniens.
« Pour nous, quand nous étions encore sans expérience, notre courage naturel nous a fait affronter les périls. Maintenant il est bien plus ferme ; et, comme il s’y joint la conviction d’être les plus habiles, puisque nous avons vaincu les plus habiles, notre espérance est doublée. Or, en toute entreprise, plus on espère, plus on a d’ardeur.