LXIV. « Et vous, Athéniens, je vous rappelle en outre que vous n’avez laissé derrière vous ni flotte comme celle-ci dans les arsenaux, ni hoplites dans la force de l’âge : dès lors, si vous aviez le malheur de ne pas vaincre, vos ennemis d’ici feraient voile aussitôt pour votre patrie; les concitoyens que nous y avons laissés seraient incapables de faire face à la fois aux ennemis qui les entourent et à ceux qui viendront d’ici. Vous tomberiez donc bientôt, vous, au pouvoir des Syracusains, —et vous savez avec quelles espérances vous les avez attaqués, — eux, entre les mains des Lacédémoniens. Dans un seul et même combat, vous avez en vos mains le sort des uns et des autres; redoublez donc plus que jamais d’efforts; songez tous ensemble, et chacun en particulier, qu’ici, sur ces vaisseaux, vous concentrez en vous et l’armée de terre des Athéniens, et la flotte, et Ja république entière, et le grand nom d’Athènes. En face de tels intérêts, c’est le cas ou ja- mais pour chacun de vous de montrer la supériorité qu’il peut avoir par les talents, par le courage, dans son intérêt propre et pour le salut de tous. »