Là-dessus les Syracusains érigèrent un trophée pour leur victoire navale et un autre pour l’avantage remporté par eux en avant des murs, où ils avaient intercepté les hoplites et pris les chevaux. Les Athéniens dressèrent aussi un trophée pour le succès obtenu soit par les Tyrrhéniens sur l’infanterie qu’ils avaient rejetée dans le marais, soit par eux-mêmes avec le reste de l’armée.
Cette victoire éclatante, remportée sur la flotte par les Syracusains, qui jusqu’alors avaient redouté le renfort amené par Démosthène, acheva de plonger les Athéniens dans le découragement. Grand était leur mécompte et plus grand encore le regret de l’expédition. C’était la première fois qu’ils attaquaient des villes semblables à la leur, soumises au même régime démocratique, possédant des vaisseaux, des chevaux, une , popqlation nombreuse. Ils n’avaient pas la ressource d’y susciter des dissensions et des troubles, pour les exploiter à leur profit ; lès moyens d'attaque étaient peu supérieurs à ceux de défense ; enfin ils avaient commis des fautes nombreuses, et leurs embarras s”étaient considérablement augmentés depuis l’échec imprévu qu'ils venaient d’essuyer sur mer. Aussi étaient-ils fort abattus.