Ils abordèrent les Ëpipoles par l’Euryale, à l’endroit où l’ancienne armée était montée la première fois. Us trompèrent la vigilance du poste syracusain placé en ce lieu, et enlevèrent le fort que les assiégés y avaient construit. Ceux des gardes qui ne furent pas tués s’enfuirent aussitôt vers les trois camps établis sur les Épipoles et occupés l’un par les Syracusains, le second par les Grecs de Sicile, le troisième par les alliés. Ils signalèrent la présence de l'ennemi, et donnèrent l'éveil aui six cents Syracusains formant le poste d’observation de ce côte' des Épipoles. Ceux-ci se portèrent immédiatement au secours; mais Démosthène et les Athéniens qui arrivaient les culbutèrent, malgré une résistance des plus vives. Les Athéniens, sans perdre un instant, marchent en avant, afin de ne pas laisser se ralentir leur ardeur; d’autres occupent la tête du mur parallèle des Syracusains, et en arrachent les créneaux.
Cependant les Syracusains et leurs alliés, Gylippe en tête, accourent des ouvrages avancés ; mais, déconcertés par cette brusque attaque de nuit, ils n’abordent l’ennemi qu’avec effroi, sont enfoncés et d’abord ramenés en arrière. Déjà les Athéniens, se croyant vainqueurs, s’avançaient toujours plus en désordre ; ils voulaient passer sur le corps de ce qui restait d’ennemis à combattre, sans leur laisser le temps de se reconnaître et de se rallier, lorsque les Béotiens les premiers leur résistent, les chargent victorieusement et les mettent en fuite.