Il y eut aussi une escarmouche dans le port, au sujet de l’estacade que les Syracusains avaient plantée dans la mer, en avant de leurs anciens hangars, pour protéger l’ancrage de leurs vaisseaux et les préserver du choc des navires ennemis. Les Athéniens firent avancer un bâtiment du port de dix milliers C’est-à-dire dix mille talents pesants (le talent valait trente kil.). C’était un fort tonnage, correspondant à trois cents tonneaux. , garni de tours en bois et de bastingages. Montés sur des bateaux, ils arrachaient les pieux avec des treuils ou les sciaient en plongeant. Les Syracusains, postés dans les hangars, lançaient des traits contre les Athéniens, qui ripostaient de leur navire. A la fin, les Athéniens enlevèrent la plupart des pieux. La plus grande difficulté venait de la partie sous-marine de l’estacade. Quelques pieux ne s’élevant pas à fleur d’eau, il était dangereux d’en approcher; les vaisseaux risquaient de s’y heurter comme à des récifs. Néanmoins des plongeurs les sciaient sous l'eau moyennant une récompense. Les Syracusains parvinrent à rétablir l’estacade. Enfin, dans ces engagements partiels, les deux partis faisaient assaut de stratagèmes, comme il arrive entre des armées campées à proximité.