La flotte ainsi préparée, Gylippe fit prendre les armes pendant la nuit à toutes les troupes de terre, et les conduisit à l’attaque des forts du Plemmyrion. En même temps, les trirèmes syracusaines mirent en mer à un signal donné ; trente-cinq sortirent du grand port, quarante-cinq du petit, où se trouvait l’arsenal de la marine. Celles-ci tournèrent l’île pour rejoindre les autres et se porter ensemble contre le Plemmyrion, dans le but de déconcerter les ennemis par cette attaque simultanée. Les Athéniens montèrent à la hâte sur soixante vaisseaux; vingt-cinq s’élancèrent contre les trente-cinq trirèmes syracusaines du grand port ; le reste alla au-devant de celles qui venaient de l’arsenal. L’action s’engagea à l’entrée du grand port ; elle fut longue et opiniâtre, les uns s’acharnant à forcer le passage, les autres à le fermer.