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« Les Siciliens manquent d’expérience. S’ils se coalisaient, ils pourraient encore se défendre ; mais les Syracusains isolés, déjà vaincus en corps de nation, bloqués d’ailleurs par notre flotte, sont hors d’état de résister longtemps. Or, Syracuse prise, la Sicile est perdue et l’Italie suivra de près. Dans ce cas, le danger que je vous ai signalé ne tardera pas à vous atteindre.
« Ce n’est donc pas seulement de la Sicile , c’est du Péloponèse qu’il s’agit, si vous ne prenez immédiatement les mesures que je vais indiquer. Envoyez en Sicile des soldats qui, après avoir manié la rame pendant la traversée, feront le service d’hoplites aussitôt après leur débarquement. Joignez-y — ce que j’estime plus essentiel qu’une armée — un commandant Spartiate, chargé d’organiser les hommes présents et de contraindre les retardataires. Par là vous doublerez les forces de vos amis, et vous entraînerez les tièdes.
« Ce n’est pas tout : il faut faire ici une guerre plus décidée, afin que les Syracusains, vous voyant prendre intérêt à eux, résistent avec plus d'énergie, et que les Athéniens soient moins en état d’envoyer des renforts à leur armée.