90–91
« Nous nous sommes rendus en Sicile pour subjuguer, s’il se pouvait, les Grecs de ce pays, ensuite ceux d’Italie, finalement les sujets des Carthaginois et Carthage elle-même. Si ce projet eût réussi en totalité ou en majeure partie, nous comptions dès lors nous rabattre sur le Péloponèse, avec l’adjonction de tous ces peuples, et en prenant à notre solde une foule de Barbares, Ibériens ou autres, réputés les plus belliqueux de ces contrées.
« Indépendamment des trirèmes que nous possédons, nous en aurions construit une infinité d’autres, à l’aide des bois que Fltalie fournit en abondance. Par ce moyen , nous aurions bloqué tout le Péloponèse; en même temps nos troupes de terre, faisant des invasions sur le continent, auraient pris de force une partie des villes et cerné tout le reste. Ainsi nous espérions réduire sans difficulté ce pays et dominer ensuite sur la Grèce entière. t Quant à l’argent et aux munitions nécessaires pour l’accomplissement de ce projet, il suffisait des pays conquis pour en fournir une source intarissable, sans compter nos propres revenus.
« Telle est, je le sais mieux que personne, la pensée qui a présidé à notre expédition. Les généraux qui restent ne négligeront rien pour en poursuivre l’accomplissement. Apprenez maintenant que , sans vos secours, la Sicile doit infailliblement succomber.