« Écoutez donc des exhortations dictées par un intérêt sincère pour votre salut. Ne renoncez pas aux avantages de notre alliance. Songez que les Syracusains, forts comme ils le sont, n’ont pas besoin d’aide pour vous attaquer, que la route leur est toujours ouverte , tandis que vous n’aurez pas souvent de si puissants auxiliaires. Si, dans vos injustes suspicions, vous nous laissez repartir sans résultat, ou même après une défaite, il viendra un temps où vous souhaiterez de revoir ne fût-ce quune fraction de notre armée , alors que toute assistance vous serait inutile.
« Gardez-vous donc, Camarinéens, vous et les autres peuples, de prêter l’oreille à des insinuations perfides. Nous vous avons dit toute la vérité au sujet des défiances répandues contre nous. Pour nous résumer, nous vous déclarons qu’en Grèce nous imposons le joug afin de ne pas le subir nous-mêmes; qu’ici nous apportons la liberté aux peuples pour n’avoir rien à redouter de leur part; que nous sommes obligés de beaucoup entreprendre parce que nous avons à repousser bien des dangers; qu’enfin, aujourd’hui comme naguère, ce n’est pas spontanément, mais sur une demande formelle, que nous sommes venus en aide à ceux de vous qui étaient opprimés.