Ce contre-temps eut pour lui les suites les plue graves. Irrités de la perte d’Amphipolis, les Athéniens condamnèrent Thucydide comme coupable de trahison. D’après la loi, ce crime était puni de mort; toutefois, Thucydide ne parle que d’un exil de vingt années (Liv. Y, ch. xxvj) et, suivant Pausanias, la sentence qui le frappait fut révoquée après oet intervalle sur la proposition de l’orateur Œnobios (Pausan., I, xxm).
Ici se rencontre une difficulté historique. -Suivant les propres indications de Thucydide, la fin de son exil fut postérieure à la prise d’Athènes par Lysandre (Liv. V, chap. xxvi ) ; or on sait qu’un des premiers actes du vainqueur à cette époque fut le rappel des exilés (Xénophon, Helléniques, II, n, 23). Comment donc se fait-il que Thucydide n’ait pas été compris dans cette mesure générale, et que les portes de sa patrie ne lui aient été rouvertes que par un décret j particulier? Pour .résoudre ce problème, il faudrait supposer que Thucydide accusé de trahison, fut condamné à mort conformément à la loi athénienne; mais que, prévoyant ce dénoûment, il se garda de xevenir à Athènes après son échec d’Amphipolis et convertit lui-même la sentence capitale en bannissement perpétuel. Dès lors il n’était pas dans la catégorie des simples exilés, et se trouvait par conséquent exclu de la proclamation de Lysandre.