Cependant Hipparque ayant renouvelé, sans plus de succès, sa tentative auprès d’Harmodios, ne voulut pas employer la violence; mais il prit ses mesures pour lui faire un affront indirect. L’autorité de ces tyrans n’avait rien d’oppressif pour la multitude. Pendant longtemps ils se conduisirent avec prudence et modération. Sans fouler le peuple ni exiger plus de la vingtième partie des revenus, ils embellissaient laviüe, soutenaient les guerres et faisaient les frais des sacrifices publics. L’État se gouvernait d’après les anciennes coutumes; seulement ils avaient soin que les premières magistratures fussent toujours occupées par un des leurs. C’est ainsi que plusieurs d’entre eux exercèrent la charge annuelle d’archonte, en particulier Pisistrate, qui était fils du tyran Hippias et portait le nom de son aïeul Les Grecs n’avaient point de nom de famille. L’usage était de donner à l’aîné des fils le nom de son aïeul paternel, quelquefois avec une légère modification. . C’est lui qui, pendant son archontat, dédia l’autel des douze dieux sur l’agora, et celui d’Apollon Pythien dans l’enceinte consacrée à cette divinité. Par la suite, le peuple ajouta de nouvelles constructions à l’autel de l’agora, et fit disparaître l’inscription ; mais celle d’Apollon Pythien est encore lisible. Elle porte ces mots en caractères à demi effacés :
Pisistrate, fils d’Hippias, a consacré ce monument de son archontat dans l’enceinte d’Apollon Pythien.