« Comment donc justifier notre défaut de zèle et notre refus de secourir nos alliés? Nous leur devons aide et protection ; nos serments nous y obligent. N’écoutez pas ceux qui vous disent qu’il ne faut attendre d'eux aucune réciprocité. Si nous les avons accueillis, ce n'était pas pour qu’ils vinssent ici nous défendre, mais pour qu’ils retinssent chez eux nos ennemis. Par quel autre système avons-nous obtenu l’empire, nous et tous ceux qui l’ont possédé, si ce n'est en étant toujours prêts à secourir les Grecs et les Barbares qui réclamaient notre appui? Si chacun de nous, quand son aide est nécessaire, demeurait en repos ou chicanait sur les races, nous étendrions peu notre puissance, ou plutôt nous la mettrions en péril. Avec des adversaires formidables, la prudenee consiste à prévenir leurs attaques, non moins qu'à les repousser. Nous ne sommes pas libres de graduer à volonté l’extension de notre empire. Porce nous est de menacer les uns et de comprimer les autres ; car nous serions en danger de tomber sous une domination étrangère, si nous cessions nous-mêmes de dominer. Vous ne pouvez envisager le repos du même œil que les autres peuples, à moins de modeler vos principes sur les leurs.