« Les villes de ce pays ont une population nombreuse, à la vérité, mais composée d’éléments hétérogènes ; ce qui les rend sujettes à des révolutions et à des bouleversements sans fin. Personne n’y regarde la patrie comme son bien; aussi personne ne se fournit d’armes pour la défendre. L'État lui-même n’a point de matériel régulier. Chacun prend ses mesures pour tirer quelque avantage du public par la persuasion ou par l’émeute; s’il échoue, il en est quitte pour s’expatrier. Comment donc de pareilles agglomérations pourraient-elles mettre de l'unité dans leurs conseils ou dans leurs actes ? On verra bientôt les villes venir à nous l’une après l’autre à la première ouverture capable de leur plaire, surtout si, comme on l'assure, elles sont en proie aux dissensions. c D’ailleurs ne croyez pas que leurs hoplites soient aussi ombreux qu’on l’affirme. Il doit en être à cet égard comme n reste des Grecs, chez qui les forces réelles se sont trouvées fort au-dessous des évaluations arbitraires que chaque peuple a faisait. La Grèce, après avoir accusé des chiffres fabuleux, reconnu dans la présente guerre que l’effectif de ses troupes églées ne dépassait pas le strict nécessaire.