« Quand je vois ses adhérents groupés autour de lui, je ne puis me défendre d’un sentiment de crainte. A mon tour, j’exhorte les hommes d’âge, qui se trouvent assis à leurs côtés, à ne pas se laisser dominer par une fausse honte ou par la peur de passer pour des lâches en se prononçant contre l’expédition. Qu’ils se gardent d’imiter leurs voisins dans leur fol engouement pour les objets lointains ; car on ne gagne rien par la passion, mais bien par la prudence. Qu’ils votent en sens contraire, par affection pour cette patrie qui s'expose au plus grand de tous les dangers. Qu’ils décrètent que les Siciliens conserveront, par rapport à nous, leurs limites actuelles, limites fort bien tracées, savoir le golfe IonienLa mer Adriatique. en suivant la côte, la mer Sicilienne en tirant au large , et qu’ils peuvent régler entre eux leurs différends. Aux Égestains en particulier disons qu’ayant commencé leur guerre avec Sélinonte sans nous consulter, c’est à eux de la terminer par eux-mêmes. Gardons-nous désormais de faire alliance avec des peuples qu'il nous faut soutenir dans leurs disgrâces, et qui dans les nôtres ne nous sont d’aucun appui.