XXXIII. « Si vous cédez à nos prières, ce sera pour vous une chose heureuse, à bien des égards, que nous ayons eu besoin de votre appui ; d’abord vous viendrez en aide à un peuple victime d’une injustice et qui ne porte aucun préjudice aux autres ; ensuite, en nous accueillant au moment des plus grands périls, vous nous rendez un service signalé et à jamais mémorable ; enfin notre flotte est, après la vôtre, la plus nombreuse de la Grèce. Songez combien est rare et heureux pour vous, combien affligeant pour vos ennemis un pareil concours de circonstances : une puissance dont l’alliance ne vous eût point paru achetée trop cher au prix de riches trésors et d’une vive reconnaissance, est là, qui s’offre d’elle-même, qui se livre, sans danger ni dépense pour vous ! Vous obtenez du même coup réputation de justice, reconnaissance de ceux que vous secourez, et accroissement de puissance pour vous-mêmes ! avantages qui, dans la suite des siècles, ne se sont offerts que bien rarement réunis. Car il est bien rare qu'un peuple, sollicitant une alliance, apporte à ceux qu’il implore autant de sécurité et d’éclat qu’il doit en recevoir luimême.