Les Lacédémoniens et leurs alliés obéirent par déférence pour la loi ; mais entre eux il n'y avait qu’un cri contre Agis. On avait, disaient-ils, une occasion unique de livrer bataille; l’ennemi était complètement cerné, soit par la cavalerie, soit par l'infanterie ; et l’on se retirait sans avoir rien fait qui répondît aux forces dont on disposait. Jamais en effet plus belle armée grecque n’avait été réunie; on put s'en convaincre lorsqu’elle fut rassemblée à Némée. C’étaient les Lacédémoniens en masse, les Arcadiens, les Béotiens, les Corinthiens, les Sicyoniens, les Pelléniens , les Phliasiens, les Mégariens, tous gens choisis, l'élite de leurs nations, et qui semblaient faits pour tenir tête, je ne dis pas à la coalition d’Argos, mais à une force double. Ainsi l’armée se retira fort mécontente d’Agis. Elle fut licenciée, et chacun regagna ses foyers.