Les Argiens et leurs alliés ne jugeaient pas généralement la position si fâcheuse ; au contraire les chances leur paraissaient être en leur faveur ; car ils s'imaginaient tenir les Lacédémoniens enfermés dans leur propre territoire et sous les murs de leur ville. Déjà les deux armées s'ébranlaient pour en venir aux mains, lorsque deux Argiens, savoir Thrasyllos, un des cinq généraux, et Alciphron, proxène des Lacédémoniens, allèrent trouver Agis et le dissuadèrent de livrer bataille, l’assurant que les Argiens étaient prêts à soumettre à un arbitrage leurs différends avec les Lacédémoniens et à faire avec eux un traité de paix pour l’avenir.
Les Argiens qui faisaient cette démarche agissaient de leur chef et sans aucune mission publique. Agis goûta leurs propositions; et seul, sans en délibérer plus amplement, sans en dire mot à personne , si ce n'est à l'un des magistrats qui étaient au camp, il conclut une trêve de quatre mois, pendant laquelle les Argiens devaient accomplir leurs promesses; après quoi il ramena aussitôt l’armée, avant d’avoir pris l’avis d'aucun autre de ses compagnons.