LXXXV. « Citoyens d’Acanthe, les Lacédémoniens, en m’envoyant avec mon armée, ont eu en vue de réaliser la promesse par nous faite au commencement de la guerre, de combattre les Athéniens pour l’affran- chissement de la Grèce. Sans doute nous arrivons tard et après avoir vu là-bas nos espérances trompées, dans une guerre où nous comptions réduire bientôt les Athéniens à nous seuls, sans qu’il vous en coulât aucun danger ; cependant on ne saurait nous faire aucun reproche ; car nous accourons aujourd’hui, dès que les circonstances le permettent, et nous allons travailler avec vous à leur ruine. Je m’étonne que vous m’ayez fermé vos portes, au lieu d’accueillir avec joie mon arrivée. Nous comptions, nous autres Lacédémoniens, trouver ici des alliés, des hommes unis à nous par leurs voeux, même avant que nous fussions arrivés ; c’est dans cet espoir que nous avons bravé de tels périls, traversé pendant plusieurs jours une contrée étrangère, et montré un zèle à toute épreuve.