LXXI. Mais, des deux factions qui se partageaient Mégare, l’une tremblait que Brasidas ne ramenât les exilés et ne la chassât elle-même ; l’autre craignait que le peuple, précisément dans l’appréhension de ce retour, ne se jetât sur elle, et que la ville, en proie à une guerre intestine, ne tombât aux mains des Athéniens qui l’observaient de près. On ne reçut donc pas Brasidas : les deux factions jugèrent à propos d’obser- ver tranquillement les événements ; car chacune d’elles, persuadée qu’un combat s’engagerait entre les Athéniens et les troupes venues au secours de la place, jugeait que le plus sûr était d’attendre la victoire du parti vers lequel elle inclinait, pour se joindre à lui. Brasidas, n’ayant pu les persuader, retourna joindre le reste de son armée.