Les Corcyréens ne songeaient pas du reste à forcer les portes ; ils montèrent sur le toit, enlevèrent la couverture, et les accablèrent de tuiles et de flèches. Les prisonniers se garantissaient de leur mieuxCes horreurs offrent une frappante analogie avec les massacres de septembre. ; la plupart cependant se donnaient eux-mêmes la mort. Ils s’enfonçaient dans la gorge les flèches lancées contre eux, ou s’étranglaient, les uns avec les cordes de quelques lits qui se trouvaient disposés là pour eux, les autres avec des lambeaux arrachés à leurs vêtements. Pendant la plus grande partie de la nuit ( car la nuit survint au milieu de ces horreurs), tout fut mis en oeuvre, par eux pour se donner la mort, par les assaillants pour les tuer du haut de la maison, jusqu’à ce que tout eût péri. Au jour, les Corcyréens les entassèrent symétriquement Φορμηδὸν, en forme de claie. Sans doute Thucydide a voulu exprimer par là que les cadavres étaient disposés par couches et se croisaient alternativement. sur des chariots et les transportèrent hors de la ville. Toutes les femmes prises dans le fort furent réduites en esclavage.