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Les prisonniers donnèrent dans le piège. Les mesures étaient prises pour que le bâtiment qui les portait fût capture à son départ. Dès lors la convention fut rompue et ils fûrent tous livrés aux Gorcyréens. Les généraux athéniens se prêtèrent à cette perfidie ; ce furent eux qui en fournirent le prétexte et qui assurèrent toute sécurité aux auteurs de cette trame. Il fut évident pour tout le monde que, devant partir eux-mêmes pour la Sicile, ils n’avaient pas voulu laisser à d’autres l’honneur de conduire à Athènes ces prisonniers.
Les Corcyréens ne les eurent pas plus tôt en leur puissance, qu’ils les enfermèrent dans un grand édifice, d’où on les retira vingt par vingt, garrottés deux à deux, à travers une double haie d’hoplites, qui les frappaient ou les piquaient à mesure qu’ils reconnaissaient un ennemi. A leurs côtés étaient des hommes armés de fouets pour presser leur marche.
Soixante furent ainsi extraits et mis à mort à l’insu de leurs compagnons de captivité. Ceux-ci croyaient qu’on les transférait ailleurs ; mais on les détrompa. Mieux informés, ils invoquèrent les Athéniens, les conjurant de les tuer eux-mêmes, s’ils le voulaient. Ils déclarèrent qu’ils ne sortiraient plus, et qu’ils s’opposeraient de tout leur pouvoir à ce que personne entrât.