Pendant que ces événements se passaient, Eurymé-don et Sophoclès, partis de Pylos pour la Sicile, avec la flotte athénienne, étaient arrivés à Corcyre. Là, de concert avec ceux de la ville, ils firent une expédition contre les Corcy réens établis sur le mont Istone Voyez liv. III, ch. lxxxv, note 2. , lesquels, après la sédition, avaient passé dans rïle et s’étaient rendus maîtres de la campagne qu’ils infestaient. Le fort fut emporté d’assaut. Les défenseurs, retirés ensemble sur une éminence, capitulèrent à condition de livrer leurs auxiliaires, de mettre bas les armes et de s’en rapporter pour leurs personnes à la décision du peuple athénien. Les généraux, transportèrent ces captifs, sous U foi d’un traité, dans l’ile de Ptychia Ilot situé devant le port de Corcyre·. , pour y être gardés jusqu’à ce qu’ils fussent envoyés à Athènes, sous la réserve expresse que, si l’un d’eux cherchait à s’évader, la convention serait annulée pour tous.
Les chefs du peuple de Corcyre, craignant que les Athéniens ne laissassent la vie à ces prisonniers, imaginèrent un stratagème. Ils envoyèrent ^pus main des hommes dévoués, qui, avec un faux-semblant de bienveillance, firent savoir à quelques-uns des prisonniers que ce qu’ils avaient de mieux à faire était de s’échapper au plus vite sur un bâtiment qu’on tiendrait à leur disposition, attendu que les généraux athéniens étaient sur le point de les livrer au peuple de Corcyre.