Voici le nombre des morts et des prisonniers faits dans l’ile : il y était passé en tout quatre cent vingt hoplites ; sur ce nombre, deux cent quatre-vingtdouze furent emmenés prisonniers à Athènes ; le reste avait été tué. Parmi ceux qui avaient survécu, on comptait environ cent vingt Spartiates. Les Athéniens perdirent peu de monde, parce qu’il n’y eut point d’engagement corps à corps.
XXXIX. La durée du blocus, à partir de l’engagement naval jusqu’au combat dans l’île, fut, en tout, de cinquante-deux jours. Sur ce temps, les Lacédémoniens reçurent des vivres durant environ vingt jours, pendant l’absence des députés chargés de négocier. Ils avaient vécu le reste du temps de ce qu’on importait furtivement ; on trouva même dans l’île du blé et des provisions de bouche laissés en réserve ; car Épitadas, qui commandait, ne faisait pas des distributions aussi larges qu’il l’aurait pu. Les armées d’Athènes et du Péloponnèse quittèrent Pylos, et chacun rentra dans son pays. Ainsi se trouva réalisée la promesse de Cléon, tout insensée qu’elle était ; en vingt jours il amena les Lacédémoniens, comme il s’y était engagé.