Lorsqu’on apprit à. Athènes que l’armée était en souf-fance et l’île ravitaillée, où fut dans un grand embarras. On craignait que la mauvaise saison ne surprît les troupes expéditionnaires, et qu’il ne devînt impossible de leur envoyer des vivres en faisant le tour du Péloponèse, puisqu’en été même on ne pouvait suffisamment alimenter une place dénuée de tout. La flotte ne saurait plus où mouiller sur cette côte sans port. Pour peu que la croisière fût moins active, les assiégés auraient moyen de se procurer des vivres ou même de s'échapper sur les embarcations qui leur en apportaient et à la faveur d’un gros temps. On appréhendait surtout que les Lacédémoniens rassurés ne songeassent plus à négocier, et l’on était aux regrets de n’ayoir pas accepté leurs propositions pacifiques.