Comme il ne persuadait ni les généraux, ni plus tard les soldats lorsqu'il eut communiqué son projet aux taxiarques Les taxiarqves étaient des officiers commandant les hoplites dans l’armée athénienne. Ils étaient au nombre de dix, un par tribu, subordonnés aux généraux ou stratèges. Il est probable que, dans la circonstance actuelle, Démosthène se sert de leur intermédiaire pour communiquer avec les soldats. , il n’insista plus. Mais enfin les soldats eux-mêmes, retenus dans l’inaction près de Pylos par les vents contraires, se prirent d’ardeur pour la fortifier. Sur-le-champ ils se mirent à l’œuvre. Comme ils manquaient d’outils pour tailler les pierres, ils les choisissaient une à une et les assemblaient de leur mieux. Fallait-il du mortier, à défaut d’auges, ils le portaient sur leur dos, en se courbant pour le maintenir et en croisant les bras par derrière pour l’empêcher de tomber. En un mot ils faisaient toute la diligence imaginable pour fortifier les points les plus accessibles, avant d’être attaqués par les Lacédémoniens. Du reste la plus grande partie de la place était naturellement forte et n’avait pas besoin de murs.