CIX. Le lendemain, Ménédée remplaça dans le commandement Euryloque et Macarius, qui avaient été tués. Embarrassé après un aussi grand désastre, il ne voyait aucun moyen ni de soutenir un siège en gardant ses positions, puisqu’il était coupé par terre et bloqué sur mer par la flotte athénienne, ni de s’échapper par une retraite ; il fit donc des ouvertures à Démosthènes et aux généraux des Acarnanes pour obtenir un accommodement, avec la permission de se retirer et d’enlever ses morts, ils lui accordèrent cette dernière demande, dressèrent eux-mêmes un trophée, et enlevèrent leurs propres morts au nombre de trois cents. Quant à la retraite, ils firent ouvertement à tous les ennemis un refus formel ; mais, en secret, Démosthènes, de l’aveu des généraux acarnanes ses collègues, permit auxMantinéens, à Ménédée et aux autres chefs dea Péloponnésiens, ainsi qu’aux plus marquants de la nation, de se retirer au plus vite. Son but était d’ïsoler les Ambraciotes et la foule des mercenaires étrangers ; mais, par-dessus tout, il visait à rendre suspects aux Grecs de cette contrée les Lacédémoniens et les Péloponnésiens, comme des traîtres qui n’avaient songé qu’à leur propre intérêt. Ils enlevèrent leurs morts, qu’ils ensevelirent à la hâte et au hasard. Ceux qui avaient obtenu l’autorisation de se retirer prirent secrètement leurs mesures.