Toute la peur des Corcyréens était que l’ennemi ne profitât de sa victoire pour attaquer la ville, pour enlever de l’île les citoyens qu’on y avait déposés ou pour provoquer une réaction. Ils ramenèrent donc au temple de Junon les détenus de l’île et firent bonne garde dans leurs murs. Les Péloponésiens, quoique vainqueurs, n’osèrent pas attaquer la ville de Gorcyre ; ils regagnèrent leur station du continent, emmenant treize vaisseaux qu’ils avaient pris. Le lendemain, ils attaquèrent pas davantage la ville, bien que le trouble et l’alarme y fussent au comble, et que Brasidas insistât, dit-on, auprès d’Alcidas pour qu’il prît ce parti. Mais son avis n’ayant pas prévalu, les Péloponésiens se contentèrent de faire une descente sur la pointe LeucimmeVoyez liv. I, ch. xxx, note 1. et de ravager le pays.