LXI. « Nous n’aurions pas demandé la parole si les Platéens avaient eux-mêmes répondu brièvement à la question ; s’ils ne s’étaient retournés contre nous pour nous accuser ; si, enfin, ils n’étaient sortis du sujet pour faire, à propos d’eux-mêmes, et sur des faits qui n’étaient pas en cause, une longue apologie et un éloge pompeux de ce que personne ne blâmait. Il nous faut maintenant répondre à leurs accusations et réfuter les louanges qu’ils se donnent, afin qu’ils ne tirent avantage ni de nos fautes, ni de leur gloire, et que vous ne prononciez qu’après avoir entendu la vérité sur les uns et les autres.
« Voici quelle fut la cause première de nos divisions avec eux : c’est riousqui, après avoir occupé le reste de la Béotie, avions colonisé Platée, ainsi que quelques autres places où nous nous étions établis en chassant une population mêlée qui les occupait. Mais les Platéens refusèrent, contrairement aux conventions primitives, de reconnaître notre suprématie ; s’isolant du reste des Béotiens, ils ont violé les lois de nos pères ; quand nous avons voulu les contraindre à les observer, ils se sont alliés aux Athéniens, et, avec eux, ils nous ont fait bien des maux, que nous leur avons rendus.