« Enfin pour terminer, chose à la fois nécessaire et pénible pour nous, dont le trépas suivra peut-être la conclusion de ce discours, nous vous disons : Ce n’est pas aux Thébains que nous avons remis notre ville, — nous eussions préféré la plus horrible des morts, celle de la faim, — mais c’est à vous que nous sommes venus avec confiance. Si donc nous ne pouvons rien gagner sur vous, il serait juste de nous replacer dans notre ancienne position et de nous laisser le choix du danger. Lacédémoniens, nous vous en conjurons, nous citoyens de Platée, si dévoués aux Grecs et aujourd’hui vos suppliants ; n'allez pas, au mépris de la foi jurée, nous sacrifier aux Thébains, nos implacables ennemis. Soyez plutôt nos sauveurs ; et, an moment ou vous affranchissez les Grecs, ne devenez pas les instruments de notre ruine.»
Lorsque les Platéens eurent fini de parler, les Thébains, craignant l’effet produit sur les Lacédémoniens par leur discours, se présentèrent et dirent qu’ils désiraient être entendus, puisque, contrairement à leur avis, on avait permis aux Platéens d’alion-ger outre mesure leur réponse à la question proposée. On j consentit, et ils s'exprimèrent en ces termes :