« Tout cela ne fait pas le compte de la république ; car la crainte la prive de ses conseillers. Les choses iraient bien mieux pour elle, si de tels citoyens étaient de moins habiles orateurs; ils ne l’entraîneraient pas dans tant de fautes. Le bon citoyen n’use pas d’intimidation envers ses adversaires; il lutte contre eux à armes égales et ne doit son triomphe qu’à la supériorité de ses avis. De son côté, une sage république, sans refuser au meilleur conseiller les honneurs qu’il mérite, ne devrait pas les exagérer. Loin d’infliger une peine à l’orateur qui succombe, elle devrait ne lui témoigner aucune défaveur. De cette façon, le vainqueur se laisserait moins aller, parle désir de nouvelles distinctions, à parler contre son sentiment et pour plaire à la multitude, comme aussi le vaincu n’aurait pas recours à la flatterie pour regagner la popularité.