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« Ne vous trahissez donc pas vous-mêmes. Reportez-vous par la pensée à l’instant où vous étiez menacés. Songez qu’alors rien ne vous eût coûté pour les réduire. Rendez-leur la pareille, sans vous laisser apitoyer sur leur sort actuel et sans oublier le danger naguère suspendu sur vos têtes. Punissez-les comme ils le méritent; et par leur exemple, faites voir clairement aux alliés que toute défection aura la mort pour salaire. Une fois qu’ils en seront convaincus, vous aurez moins souvent à négliger vos ennemis pour combattre vos alliés.»
5
Ainsi parla Cléon. Après lui Diodotos fils d’Eucratès, qui dans la précédente assemblée avait le plus vivement combattu le décret de mort porté contre les Mytiléniens, monta à la tribune et s’exprima en ces termes :
« Ce n’est pas moi qui me plaindrai de ce qu’on a remis en discussion l’affaire des Mytiléniens, ou qui désapprouverai jamais qu’on délibère plus d’une fois sur des causes majeures. Deux défauts me paraissent surtout contraires à la sagesse des délibérations, savoir la précipitation et la colère. L’une provient de légèreté, l’autre d’entêtement et d’ignorance.