Telle était la marine des Grecs dans l’antiquité et à des époques plus rapprochées de nous. Néanmoins les villes qui avaient des flottes se rendirent doublement puissantes, et par les revenus qu’elles en tiraient, et par leur supériorité sur les autres cités; au moyen de leurs vaisseaux, elles subjuguaient les îles, surtout quand leur propre territoire ne suffisait pas à leurs besoins. Sur terre il ne s’alluma aucune guerre d’où pût résulter quelque agrandissement. Parfois des voisins en vinrent aux mains les uns avec les autres ; mais les Grecs ne formèrent aucune expédition lointaine dans un esprit de conquête. On ne voyait point les petits États se grouper sous la sujétion des plus grands ni se réunir pour former des entreprises communes; il n’y avait que des luttes partielles et de voisinage. Une seule fois la Grèce se partagea en deux camps opposés : ce fut dans la guerre que se firent jadis les Chalcidéens et les ÉrétriensChalcis et Érétrie, villes principales de l’Eubée, se firent la guerre au sujet de la plaine fertile de Lélanton. Les Milésiens soutinrent Érétrie, les Samiens Chalcis. L’époque de cette guerre est approximativement fixée à l’an 800 av. J. C. .