Leur plan arrêté, les Péloponésiens se mirent aussitôt en marche. Arrivés de nuit à Niséa, ils tirèrent les vaisseaux à la mer. Toutefois, intimidés par le danger et contrariés, dit-on, par le vent, ils cinglèrent, non plus contre le Pirée, selon leur première intention, mais vers le promontoire de Salamine qui fait face à Mégare ; il y avait là un fort avec une station de trois vaisseaux athéniens, qui tenaient cette ville bloquée. Ils assaillirent le fort, emmenèrent les trirèmes vides, et, grâce à leur incursion soudaine, ravagèrent le reste de l’île.
Cependant les signaux d’alarme étaient élevés pour annoncer à Athènes l’approche de l’ennemiSur cette espèce de télégraphie nocturne au moyen de signaux de feu, comparez liv. III, ch. xxn, lxxx; liv. LV, ch. xlii, exi; liv. VIII, ch. cii. Selon le sch’oliaste, l’approche de l’ennemi était indiquée par des flambeaux agités en l’air, celle d’amis par des flambeaux élevés tranquillement. . Dans tout le cours de cette guerre, il n’y eut pas de plus chaude alerte. Ceux de la ville croyaient que les ennemis étaient maîtres du Pirée ; ceux du Pirée, que Salamina était prise et que d’un instant à l’autre ils allaient être attaqués. Avec un peu plus de résolution, c’eût été chose facile, et le vent n’aurait pas été un obstacle.