« Quant à vous, votre inhabileté est amplement rachetée par votre valeur; nos ennemis, grâce à cette science qui vous effraye, si elle s’alliait au courage, pourraient, au moment de l’action, se rappeler et exécuter ce qu’ils ont appris ; mais, sans courage, il n’y a pas de savoir qui tienne devant le danger : la peur trouble la mémoire et met la science en défaut. A leur habileté opposez donc votre bravoure, et la crainte provenant d’une première défaite, la pensée qu’alors vous étiez pris au dépourvu. Aujourd’hui nous avons l’avantage du nombre et nous combattons à portée de nos hoplites, près d’une terre qui nous appartient. Or, la victoire accompagne d’ordinaire le parti le plus nombreux et le mieux préparé.
« Ainsi, de quelque côté que nous tournions nos regards, nous ne trouvons aycun motif raisonnable de crainte. Il n’est pas jusqu’à nos fautes passées qui ne nous servent de leçon pour l’avenir. Soyez donc pleins de confiance ; que chacun, pilote ou matelot, fasse son devoir dans le combat, que nul ne quitte son poste. Notre plan d’attaque ne le cédera point à celui de vos anciens généraux. Nous ne donnerons à personne le prétexte de se montrer lâche. Si toutefois quelqu’un en prend fantaisie, il subira un juste châtiment. Les braves au contraire recevront les récompenses de la valeur. »