Les PlatéenS, craignant de ne pouvoir, malgré cela, résister à des forces tellement disproportionnées, eurent recours à un autre système. Ils cessèrent de travailler à la grande construction opposée à la terrasse ; mais ils élevèrent un second mur, en forme de croissant, en retrait du côté de la ville, et à partir des deux points où se terminait l’exhaussement de la muraille d’enceinte. Us pensaient que, si le grand mur venait à être emporté, le nouveau arrêterait l’ennemi et le forcerait de construire une seconde terrasse et de n’avancer qu’en découvrant ses flancs.
Les Péloponésiens, tout en continuant leurs travaux, firent approcher des machines. Une d’elles, placée sur la terrasse, ébranla un pan de la vaste construction, au grand effroi des assiégés ; d’autres battaient divers points de la muraille. Mais les Platéens les saisissaient avec des nœuds coulants et les attl· raient à eux ; ou bien ils suspendaient par les deux bouts de grosses poutres à des chaînes de fer, qui glissaient sur deux mâtereaux inclinés en saillie sur le mur. Ils hissaient la poutre jusqu’à ce que ses extrémités touchassent les mâtereaux ; puis, lorsque la machine allait frapper, ils lâchaient les chaînes, $ la poutre, tombant avec violence, brisait la tête du bélier.