Les Platéens, voyant cette terrasse s’élever, construisirent une muraille de bois sur leur rempart, à l’endroit où il était menacé. Ils la garnirent de briques enlevées aux maisons voisines ; les pièces de bois servaient de lien et empêchaient que la hauteur de cette construction n’en diminuât la solidité. Ils suspendirent des peaux et des cuirs sur la face extérieure delà charpente, pour mettre les travailleurs et l’ouvrage à l’abri des traits enflammés. Cette construction s’élevait à une hauteur considérable ; mais la terrasse avançait avec non moins de rapidité. Les Platéens s’avisèrent alors d’un stratagème : ils percèrent leur muraille du côté de cette terrasse et se mirent à soutirer le remblai.
Les Péloponésiens, qui s’étaient aperçus de cette manœuvre, emplirent d’argile des corbeilles de roseaux et les jetèrent dans les interstices, d’où elles étaient moins faciles à extraire. Privés de cette ressource, les assiégés creusèrent, à partir de la ville, une galerie souterraine, qu’ils dirigèrent par conjecture sous la terrasse, et ils recommencèrent à entraîner les matériaux. Les assiégeants furent longtemps à s’en aperce-voir^Ils avaient beau entasser remblai sur remblai, c’était peine perdue ; la terrasse, minée par-dessous, s’affaissait constamment.