LVIII. Le même été430 av. notre ère., Agnon, fils de Nicias, et Cléopompe, fils de Clinias, collègues de Périclès, prirent l’armée qu’il avait commandée et se portèrent aussitôt contre les Chalcidiens de Thrace et contre Potidée, dont le siége continuait. A leur arrivée, ils dirigèrent contre la place des machines de guerre et mirent tout en oeuvre pour s’en emparer ; mais ils ne purent ni prendre la ville, ni rien faire qui répondît à leurs préparatifs. Car la peste s’étant déclarée, fit sur ce point de terribles ravages parmi les Athéniens, et ruina leur armée ; même les troupes arrivées précédemment, et qui jusque-là n’avaient ressenti aucune atteinte, gagnèrent la contagion par leur contact avec les soldats d’Agnon. Phormion avec ses seize cents hoplites n’était plus alors dans la Chalcidique. Agnon se rembarqua et ramena son armée à Athènes ; sur quatre mille hoplites, il en avait perdu par la peste mille cinquante en quarante jours. L’ancienne armée resta dans le pays et continua le siége de Potidée.