« Au surplus, dites-vous bien que la guerre est inévitable ; que, si nous l’acceptons résolûment, nos adversaires pèseront moins sur nous ; d’ailleurs, pour les États comme pour les particuliers, ce sont les plus grands périls qui procurent le plus de gloire. C’est ainsi que, dans leur lutte contre les Mèdes, nos pères, qui étaient loin de nous égaler en ressources et qui sacrifièrent le peu qu’ils possédaient, trouvèrent dans leur bon sens plus que dans leur fortune, et dans leur audace plus que dans leur force, les moyens de repousser le Barbare et d’élever Athènes au rang qu’elle occupe aujourd’hui.
Ainsi parla Périclès. Les Athéniens, convaincus que son avis était le meilleur, votèrent ce qu’il proposait et firent aux Lacédémoniens la réponse qu’il avait dictée. Ils déclarèrent qu’ils n’obéiraient point à des ordres, mais qu’ils étaient prêts, conformément au traité, à régler leurs contestations par les voies légales et sur un pied d’égalité. Les députés se retirèrent, et dès lors on n’en renvoya plus.