CXVIII. Après ces événements436 av. J.-C., neuf ans après la conclusion de la trêve de trente ans., et à quelques années d’intervalle, nous arrivons aux faits dont j’ai parlé plus haut, l’affaire de Corcyre, celle de Potidée, et tout ce qui servit de prétexte à la guerre actuelle. Toutes ces entreprises des Grecs contre les Grecs ou contre les barbares, remplissent un intervalle de cinquante ans, de la retraite de Xerxès à la guerre du Péloponnèse. Pendant cette période, les Athéniens affermirent leur domination et parvinrent à un haut degré de puissance. Les Lacédémoniens le sentaient, mais n’y apportaient aucune entrave ; à part quelques courts intervalles de résistance, ils restèrent généralement inactifs. Même avant cette époque ils répugnaient à faire la guerre, à moins de nécessité absolue, et ils avaient d’ailleurs été quelque peu rete- nus par des luttes intestines. Mais, lorsque la puissance athénienne se fut élevée visiblement, lorsque déjà elle en vint à entamer leurs alliés, perdant alors patience, ils crurent nécessaire d’attaquer avec la plus grande vigueur et de briser, s’ils le pouvaient, cette domination : tel fut le but de la guerre actuelle.