LXXVIII. « Consultez-vous donc avec lenteur dans une affaire qui doit avoir de longues suites ; prenez garde que votre adhésion à une pensée, à des récriminations qui vous sont étrangères, n’entraîne pour vous des maux tout personnels. Songez aussi, avant de vous engager dans la guerre, à tout ce qu’elle a d’imprévu ; combien, en se prolongeant, elle a coutume d’amener de vicissitudes. Placés de part et d’autre à égale distance des événements, nous courons la chance en aveugles et sans savoir de quel côté elle penchera. En général, quand on entreprend une guerre, on commence par où il faudrait finir ; on agit d’abord ; puis, les maux venus, on se met à réfléchir. Nous ne sommes jamais tombés dans une pareille faute, et nous savons que vous vous en êtes également préservés-, nous vous exhortons donc, tandis que de part et d’autre nous sommes encore à temps pour prendre une sage détermination, à ne pas rompre le traité, à ne point violer vos serments, et à remettre à la justice la solution de notre différend, conformément aux conventions. Sinon, prenant à témoin les dieux vengeurs du parjure, nous tâcherons de punir les agresseurs en suivant la voie que vous nous aurez montrée. »