Son impartialité n’est point indifférence : s’il juge les événements, il en ressent aussi le contre-coup au sein de son exil ; il les peint avec les vives couleurs d’un spectateur passionné ; il reste Athénien quoi qu’on en ait dit, malgré la justice qu’il rend aux Lacédémoniens : car le reproche qu’on lui a adressé d’être favorable à Sparte n’est qu’une calomnie , fondée sur un examen superficiel, et répétée de siècle en siècle ; sans doute la nature de son esprit et les excès de la démocratie athénienne devaient le faire incliner vers les institutions de Lacédémone, qui faisaient une plus large part aux grandes qualités individuelles ; mais ses sympathies avouées sont pour les Athéniens, dont il retrace avec une prédilection évidente et communicative la spontanéité, la bouillante initiative, l’esprit vif, ingénieux, honnête même au milieu de ses entrainements les plus aveugles.