Thucydide nous apprend qu’il consacra une partie de ses loisirs à visiter les principaux endroits du théâtre de la guerre, et que son caractère de proscrit lui ouvrit les pays de l’alliance péloponésienne. Au défaut de son témoignage, nous en aurions une preuve suffisante dans l’exactitude minutieuse de ses descriptions de lieux. Qui pourrait s’imaginer, par exemple, que la topographie de la Sicile, surtout des .environs de Syracuse, ne soit pas de première main? Cette observation n’est pas nouvelle; déjà l’historien Timée s’en autorisait pour soutenir que Thucydide avait habité l’Italie, et même qu’il y avait fini ses jours.
Il régnait chez les anciens une grande obscurité sur le lieu et sur l’époque de la mort de Thucydide. On croyait généralement qu’il avait été victime d’un assassinat; mais les uns, comme Marcellinus plaçaient cet événement à Athènes; d’autres, comme Plutarque, à Scapté-Hylé en Thrace; enfin selon Pausanias, il aurait péri pendant son retour de l’exil. En présence de ces versions contradictoires, si l’on ne veut se jeter dans les hypothèses, il faut renoncer à démêler la vérité. La seule chose avérée, c’est que Thucydide fut enterré dans le sépulcre de la famille de Cimon, qui était la sienne. Plutarque et Pausanias affirment que son tombeau se voyait encore de leur temps, sur le chemin d’Athènes au Pirée, avec l’inscription : Ci-git Thucydide, fils d'Oloros, du déme d'Halimuse.