Quant à ceux qui furent enfermés dans les Latomies, les Syracusains les traitèrent dans les premiers temps avec une extrême rigueur. Parqués dans une enceinte creuse et resserrée, ils furent d’abord exposés sans abri à l’ardeur suffocante du soleil; puis survinrent les fraîches nuits d'automne, et cette transition détermina des maladies. N’ayant pour se mouvoir qu’un espace étroit, et les cadavres de ceux qui succombaient à leurs blessures, aux intempéries ou à quelque accident, _ gisant pêle-mêle, il en résulta une infection insupportable, qu’aggravèrent encore les souffrances du froid et de la faim ; car, durant huit mois, on ne donna à chaque prisonnier qu’une cotyle d’eau et deux cotyles de blé Par jour sans doute. La mesure appelée cotyle équivalait au quart du chénice, c’est-â-dire à vingt-sept décalitres. . Enfin, de tous les maux qu'on peut endurer dans une captivité pareille, aucun ne leur fut épargné. Pendant soixante-dix jours, ils vécurent ainsi tous ensemble ; ensuite, ceux qui n’étaient ni Athéniens ni Grecs de Sicile ou d’Italie furent vendus L’auteur ne dit pas ce que devinrent les prisonniers Athéniens. On voit seulement, par ce qui précède, qu’ils furent détenus pendant huit mois. Après ce temps, il est à croire qu’ils furent vendus comme les autres; s’ils eussent été échangés, il en serait fait mention dans le livre suivant. .