Hermocratès de Syracuse pénétra ce dessein. Sentant le danger qu’il y aurait à ce qu’une si grande armée allât s’établir sur quelque point de la Sicile, d’où elle voudrait peut-être éterniser la guerre, il se rendit auprès des magistrats et leur représenta qu’on ne devait pas laisser les ennemis partir pendant la nuit, mais qu’il fallait à l’instant même sortir en masse, Syracusains et alliés, pour couper les routes et s’assurer des défilés. Les généraux approuvèrent cette idée; mais ils ne crurent pas qu’il fût possible d’obtenir obéissance de gens qui commençaient à goûter le repos après un terrible combat, d’autant que ce jour se trouvait être une époque de fête et de sacrifice à Hercule, et que la plupart des soldats, dans les transports de la victoire, célébraient leur triomphe en buvant. A leur avis, la dernière chose à leur persuader était de prendre les armes et de sortir en ce moment.