Les généraux athéniens, voyant que l’ennemi avait reçu des renforts, tandis que leur propre situation ne faisait qu’empirer de jour en jour, surtout à cause des maladies qui désolaient l’armée, en étaient aux regrets de n'être pas partis plus tôt Nicias lui-même ne faisait plus d’objection, et se bornait à demander que la résolution ne fût pas ébruitée. En conséquence on fit avertir dans le plus grand secret toute l’armée de se tenir prête à lever le camp et à s’embarquer au premier signal. Les préparatifs terminés, comme on allait partir, la lune, alors en son plein, s’éclipsa. La plupart des Athéniens, intimidés par ce phénomène, demandèrent qu’on attendît. Nicias, qui attachait aux présages et à tous les faits de cette nature une importance exagérée, soutint que le départ devait être suspendu, jusqu’à ce que, suivant la déclaration des devins, il se fût écoulé trois fois neuf jours. Cette contrariété occasionna une perte de temps et retint les Athéniens sous les murs de Syracuse.