« J’en dis autant à ceux qui pourraient me faire un crime de mon attachement au parti démocratique. De tout temps nous avons professé la haine des tyrans ; or tout ce qui est opposé à l’absolutisme s’appelle démocratie; d’où vient que nous avons toujours été à la tête de l’opinion populaire. D’ailleurs, sous un gouvernement démocratique, il faut bien, dans la plupart, des cas, se plier au régime établi. Cependant, au milieu de la licence régnante, je me suis toujours guidé par un esprit de modération. Il ne manque pas, il n’a jamais manqué, de gens enclins à pervertir la multitude; ce sont eux qui m’ont banni. Tant que j’ai dirigé l’État, j’ai eu pour principe de maintenir la constitution que j’avais trouvée en vigueur et à laquelle notre ville avait dû sa grandeur et sa liberté. Toutefois les hommes raisonnables savent bien ce que vaut la démocratie, et moi mieux que personne, car j’ai plus à m’en plaindre ; mais il n’y a rien de nouveau à dire sur l’extravagance reconnue de cette forme de gouvernement. En tout cas, il ne me semblait pas sage de le renverser, quand vous étiez en armes à nos portes.