LIX. C'est ainsi qu’un dépit amoureux donna naissance à complot, et qu’une terreur subite jeta Harmodius et Aristogiton dans une entreprise plus audacieuse que raisonnée : Une plus dure tyrannie s’appesantit dès lors sur les Athéniens. Hippias, devenu plus défiant, fit périr un grand nombre de citoyens et commença à jeter ses regards au dehors pour voir s’il ne pourrait pas, en cas de révolution, se ménager quelque refuge. Il donna en conséquence sa fille Archédice à Éantidès, fils d Hippoclès, tyran de Lampsaque, — lui, Athénien, à un homme de Lampsaque! — parce qu’il savait que cette famille jouissait d’un grand crédit auprès de Darius. On voit à Lampsaque le tombeau d'Archédice, avec cette inscription : « Cette poussière couvre Archédice, fille d’Hippias, homme éminent parmi les Grecs ses contemporains. Fille, femme, soeur, mère de tyrans, un fol orgueil n’aveugla point son âme. »
Hippias exerça encore trois ans la tyrannie à Athènes. La quatrième année510 avant notre ère., il en fut dépossédé par les Lacédémoniens et les Alcméonides exilés. Il se retira, sous la foi publiqueII rendit la citadelle, à condition que le peuple lui remettrait ses fils qu’il avait entre les mains., à SigéeOù réguait un de scs frères., puis auprès d’Éantidès, à Lampsaque, et de là à la cour de Darius. Vingt ans plus tard, il fit, avec les Mèdes, dans un âge déjà avancé, la campagne de Marathon.