« Moi aussi, vous refuserez peut-être de me croire, quand je vous donnerai comme certaine l'attaque dont nous sommes menacés. Je sais qu’à soutenir ou à dénoncer des faits invraisemblables, on ne rencontre que le doute et l'ironie. Cependant, lorsque la patrie est en danger, la crainte ne me fermera pas la bouche, et ne m’empêchera pas de vous transmettre des renseignements que je sais plus exacts que ceux des autres.
« Les Athéniens, bien que cela vous étonne grandement, s’avancent contre nous avec une nombreuse armée de terre et de mer. Leur prétexte est l’alliance des Ëgestains et la restauration des [Léontins ; mais au fond ils aspirent à s’emparer de la Sicile et surtout de notre cité, persuadés qu’avec elle ils auront bientôt tout le reste. Dites-vous donc qu’ils arriveront sous peu, et voyez, d’après vos ressources, comment vous leur opposerez la plus vigoureuse résistance. Gardez-vous de vous laisser prendre au dépourvu par dédain pour ces ennemis, et de négliger par incrédulité le salut de la république.